Le Journal d.l.p.

Ma série porte le titre « Y ». C’est l’avant-dernière lettre du l’alphabet latin, mais c’est aussi un symbole ancien de la bifurcation, de la croisée des chemins. Les personnages de mes mises en scènes photographiques (staged photography), eux aussi, se trouvent à la croisée des chemins dans le moment décisif de la crise. Ce moment est proche de la catharsis que l’on connaît au théâtre. Mais on pourrait le nommer le moment de l’illumination, ou au moins, celui d’une prise de conscience.
La série « Y » est l’analyse de cette « crise » très médiatisée, une analyse qui s’effectue dans l’optique de l’individu, de la société et de l’esprit de l’époque, car je pense que la crise de notre ère ne peut pas être réduite à sa dimension économique, elle est beaucoup plus complexe. L’expression visuelle de cette opinion peut être beaucoup plus efficace que les arguments verbaux, considérés souvent comme démagogues.
Les images évoquent le genre de la science-fiction ou de l’utopie. Cette ressemblance est renforcée par l’utilisation scénique de l’espace et les situations qui tendent vers le surréalisme. En revanche, tout cela est d’après nature, et je ne me sers pas de montage ni de manipulations numériques. Il m’importe que chaque événement soit réel dans un espace existant. Car il s’agit des performances qui ont été créée expressément pour être perpétuer dans une image.
Je fait heurter le documentarisme de la réalité au surréalisme de la mise en scène et de la mise en forme, car cette méthode me permet d’exprimer des contenus qui échappent à la photographie documentaire classique parce qu’ils se trouvent dans la profondeur de l’inconscient humain

My series is called Y. That’s the penultimate letter of the Latin alphabet, but it’s also the ancient symbol for a crossroads. The characters in my staged photographs also find themselves at a crossroads. This decisive moment of crisis is close to the catharsis we know from the theatre. But we could also call it an epiphany or a moment of awareness.
The series Y analyzes this highly publicized “crisis,” and the analysis is done in the context of the individual, society and the Zeitgeist, because I believe that our era’s crisis cannot be reduced to its economic dimension. It’s much more complex. The visual expression of this opinion can be more effective than verbal arguments, which can be taken as demagogic.
The images evoke utopian science fiction stories. This similarity is reinforced by the use of staging and surreal situations. However, this is all done naturally. Nothing is manipulated digitally or otherwise. It’s important to me that each event be real and in an existing space, because these are performances specifically created to be perpetuated in an image.
I combine documentary photography with surrealism and staging. This method allows me to express things beyond classic documentary photography because they are found in the depths of the human unconscious.

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